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19 janvier

Derrière les grands boulevards

Le soleil tape, une petite brise du Sud venue du Golfe du Tonkin vient caresser les feuilles des grands ficus, à l’ombre desquels on a sorti tables, chaises et jeux de mah-jong pour cette après-midi « estivale » de janvier... Dans ce vieux quartier de Nanning encore préservé de l’assaut des tractopelles, vieillards et enfants profitent d'une nouvelle journée qui n’en finit pas de briller et chauffer. Moi aussi, je me suis accordée quelques heures pour flâner dans ces vieilles rues que je n’ai pas parcourues depuis plusieurs mois, et vérifier que les vieilles maisons en briques que j’aime tant tiennent toujours debout. Cette fois d’ailleurs, c’est décidé, j’immortaliserai ce quartier, avant qu’il ne disparaisse sous les gros building.

 

Ma ballade commence par le marché qui s’étend depuis l’arrière de la « place de la Nation » jusqu’au coeur de ce quartier traditionnel. Fruits de saison (oranges, pomelos, grosses jujubes vertes, cannes à sucre), choux chinois, têtes de poissons... Je m’attarde à un stand de décorations du Nouvel An chinois le temps de compter le nombre de toutous sur les pétards, sur les enveloppes rouges d’étrennes, sur les affiches, sur les autocollants... Le 29 janvier prochain commencera en effet une nouvelle année, selon le calendrier lunaire traditionnel chinois, qui sera placée sous le signe du chien . Plus loin, je me laisse tenter par un étalage de « zongzi », du riz glutineux enveloppé dans de grandes feuilles d’abres, qu’il est également de tradition de manger (dans le Sud de la Chine) à cette époque de l’année.

 

Je connais ces rues par coeur et j’ai l’habitude de voir ce genre de marché aux 4 coins de Nanning ou du Guangxi, mais je ne peux m’empêcher de m’extasier à chaque fois devant ces étalages présentés avec soin et méthode sur l’arrière des vélo-tricycles, sur des petits chariots ou bien sur de simples planches en bois ou papiers journaux. Ici, des femmes se protègent du soleil avec leurs chapeaux alors qu’elles lavent conscieusement des légumes verts (tiges et feuilles typiques de l’alimentation chinoise) et les rassemblent en bottes qui seront vendues quelques mao (dizième de yuan). A gauche, des gâteaux de Nouvel An (gâteau de riz glutineux, nian gao) fument déjà sur un comptoir en vieux bois, à droite, une petite grand-mère rajoute quelques bao zi (petits pains blancs farcis) dans ses marmites à vapeur en bambou... Je ne me lasse pas de ces scènes quotidiennes, surtout dans un environnement comme celui-ci, loin (mais pourtant si près) de l’agitation bruyante de « Nanning moderne ».

 

Je laisse le marché derrière moi et bifurque dans une ruelle sur la gauche que j’aime particulièrement pour ces petites maisons basses et la vie qui s’y déroule à leurs portes. Un groupe d’homme s’est rassemblé par terre autour d’une partie d’échecs et observe avec attention chaque geste des 2 adversaires. A côté, un coiffeur de rue a installé une chaise et accroché un miroir sur la façade d’une maison, un client est déjà en place pour le « coup de tondeuse trimestriel ». Autour, le long des maisons, chacun vaque à ses occupations que j’essaie de ne pas déranger par ma présence. Une jeune femme qui a l’air de rentrer chez elle m’a tout de même remarquée :

 

« Tu prends des photos ?

-              -   Oui, j’aime beaucoup ce quartier, les grands ficus, les petites maisons...

-              -  Ah mais tu devrais aller dans les parcs si tu aimes les arbres

-              -  Oui-oui je sais, mais ici c’est plus intéressant, je préfère me promener dans les ruelles

-              -   Ah bon, tu trouves que c’est beau ? bizarre... »

 

Pas facile de faire comprendre aux Chinois que l’on aime ces quartiers anciens, qu’ils sont beaucoup plus charmants que tout ce qui a été construit ces dernières années à Nanning. Même si le développement de la ville reste assez esthétique et vert, les grandes tours modernes et les centres commercaux étincelants ne remplaceront jamais l’âme de ces maisons basses et marchés de rue, alors moi, j’essaie d’en prendre plein les yeux pendant qu’il en est encore temps.

 

Vendredi 20 janvier : photos disponibles dans l’album-photo

1 décembre

Cheveux au vent

 

S’il est normal de voir  de nombreuses femmes travailler sur les innombrables chantiers de Nanning, conduire les gros bus pourris de la ville, ou labourer les champs  , il reste ici une profession inaccessible aux femmes, aussi étrange que cela puisse paraitre : être coiffeuse. En fait si, les milliers de salons de coiffure de Nanning regorgent d’employées femmes, mais elles sont reléguées aux shampooings et aux teintures. La coupe est essentiellement confiée aux coiffeurs males pour je ne sais quelle raison, peut-être un vieil adage chinois dit qu’il ne faut pas laisser les femmes avec des ciseaux dans les mains (et quand on voit la capacité des chinoises à piquer des crises de nerfs, on se dit qu’il existe certainement ce genre adage…), ou peut-être parce que sous Mao, les femmes n’étaient pas autorisées à trop de féminité ni de fantaisie donc le Parti pensait qu’en collant les hommes à la coiffure, on n’obtiendrait une gente (peu) féminine uniformément hirsute… ou très certainement pour une raison dont je ne suis pas informée…

 

Bref, en tous cas en Chine aujourd’hui, ce sont les messieurs qui manient les ciseaux, les hommes, les mecs, les vrais. Quoique… Les coiffeurs ont leur style bien particulier. En général, très minces (dans le Guangxi en tous cas) et jeunes, puisque qu’être « coiffeur de mode » (opposé à « coiffeur d’hygiène ») est une discipline relativement récente. Ils portent des pantalons moulants, des chemises en résille, des bottines pointues, et essaient régulièrement leur créativité sur leur propre chevelure : teinture carotte, mise en plis, coupe en pétard... en gros, on ne peut pas les louper parce que ce sont les plus originaux de cette société (mais parfois d’un goût douteux je dois l’admettre). Le piège pour les étrangers qui débarquent en Chine, c’est souvent de penser que les jeunes hommes dans cet accoutrement et coiffés aussi bizarrement forment la communauté homo branchée… Mais non, ce sont seulement les coiffeurs ! Leur style, peu masculin j’en conviens, ne reflète par une identité sexuelle mais bien leur appartenance professionnelle.

 

Alors oui on ne peut pas s’empêcher de sourire en voyant l’allure des coiffeurs chinois parce que vraiment, les fautes de goût vestimentaires et capillaires sont flagrantes, du moins d’après nous, Occidentaux, mais quand on regarde de plus près, et bien mine de rien, ce sont des types bien ces coiffeurs. Je n’ai pas beaucoup fréquenté les salons de coiffure en Chine à cause d’une phobie du coup de ciseau et du coup de peigne à la chinoise qui m’a tenue longtemps à  l’écart de ces boutiques, mais depuis un an, j’ai enfin franchi le pas, et finalement, quand on explique clairement ce que l’on veut (avec l’aide de croquis si besoin  ), et bien il n’y a pas à s’en faire. Ce sont des gens à l’écoute, qui travaillent jusqu'à minuit le soir (à Nanning) presque tous les jours, pour un salaire bien médiocre. Ils pourraient avoir accès à d’autres métiers plus rentables et moins fatigants, mais ce sont des passionnés. Le travail n’est jamais bâclé, ils cherchent toujours à atteindre la perfection, l’effet artistique, le coup de ciseau final qui change tout… et en principe, c’est moi qui en ait marre avant eux « c’est bon là c’est fini comme ça ? » « non non attends, j’égalise encore un peu à droite… ». Et ce n’est pas parce qu’ils sont lèche-bottes envers les étrangers, j’ai parfois accompagné des amis chinois chez d’autres coiffeurs, et le rituel était le même : inspiration, projection, précision.

 

A Nanning, j’ai mon petit coiffeur préféré. Il s’appelle A Jun (Adjune), c’est lui qui a passé des heures à rendre mes cheveux « bouffants » aussi raides que des baguettes. Il adore coiffer, il faut voir avec quelle précaution il touche les cheveux, comme s’il s’agissait d’un morceau de soie  où il s’apprêterait à mettre tous ses sentiments pour une œuvre à la postérité. Non, non, sérieusement. Il me fait peur d’ailleurs des fois quand il part dans de longues contemplations avant de se mettre au travail, totalement déconnecté de la réalité, je dirais même, qu’on a l’impression qu’il rentre dans une espèce de communion avec la chevelure, alors je me tais de peur de troubler son inspiration. Je le regarde dans le miroir (parce qu’il est très charmant en plus  ), complètement absorbé par son travail, les traits tirés, il est fatigué A Jun par toutes ces heures de travail, mais il ne s’en plaint pas, il est tout simplement trop enthousiasmé par son métier. Etre coiffeur c’est finalement une des rares activités en Chine où l’on peut vraiment exprimer son talent artistique, et où l’on est libre de créer à sa guise. Je pense aussi, mais je peux me tromper, que c’est une des seules branches professionnelles à peu près saine, sans corruption, une branche où l’on peut encore se permettre de rêver, et promise à un bel avenir puisque le développement de la coiffure de mode en Chine, ne fait que commencer.

23 novembre

Le poids de la masse

Xiao Pan a démissionné…

 Xiao Pan, c’est une de mes amies chinoises. Elle a 25 ans comme moi et je l’apprécie pour sa qualité à se différencier des autres, à avoir ses propres opinions et à ne pas se laisser entraîner par le comportement de masse que subit la majorité des Chinois.

 

Elle contrôlait la qualité du service nettoyage des sanitaires, un travail ingrat comme elle  disait, mais pas aussi ingrat que celui des femmes de son équipe qui passaient leur journée à récurer des toilettes…  Elle, elle ne s’occupait que de vérifier si ces femmes avaient correctement fait leur travail, un emploi pas franchement épanouissant non plus mais elle avait accepter de prendre ce poste pour faire plaisir à sa mère, soucieuse de voir sa fille aussi mal intégrée dans le monde professionnel.

 

Xiao Pan avait en effet exercé plusieurs métiers auparavant, qu’elle a tous laissé tomber, face aux méthodes de réussites professionnels trop malsaines à son goût, trop malsaines à mon goût aussi, mais que la plupart des Chinois n’ont d’autres choix que d’accepter. Elle avait vendu des assurances, mais elle s’était vite aperçu qu’elle ne rentrait pas dans le moule : en tailleur tous les jours, il fallait user de son charme pour réussir à décrocher des contrats, emmener ses clients se divertir au karaoké, boire avec eux et le mieux jusqu'à plus soif… Parce qu’en Chine, les règles en affaires sont des plus terribles, il faut « gâter » ses clients par de nombreux cadeaux, invitations, dîner, beuveries… par des filles aussi parfois… afin de pouvoir conclure un contrat, tout ça dans une atmosphère « amicale » bien entendu . Bref, je ne m’étendrai pas plus sur ce sujet, je risquerais de devenir vulgaire, mais que voulez-vous, le business à la chinoise me sort par les yeux. Et Xiao Pan est l’une des rares personnes chinoises que je connaisse qui ose critiquer ce système.

 

Xiao Pan n’a pas peur de dire ce qu’elle pense et de se trouver opposée aux autres. Elle est très différente de toutes ces filles chinoises obsédées par les magazines de modes, les régimes « fil de fer », les tenues provocantes à la limite du vulgaire, les week-end entiers passés chez le coiffeur (pour mettre au point la teinture, le lissage, les reflets), les séances de blanchissage du visage en instituts de beauté … D’ailleurs, Xiao Pan le crie haut et fort « Je suis une fille de Nanning, j’ai la peau mate, je n’y peux rien, c’est comme ca, j’ai toujours eu la peau très foncée, on m’accepte comme je suis ou pas ! ». Xiao Pan est naturelle, jean, débardeur et tong, c’est comme ça qu’elle se sent bien, encore mieux avec une cigarette au coin de la bouche.

 

En Chine, même si les comportements commencent à évoluer dans les grandes villes, une femme qui fume ne se fait pas forcément très bien voir, un signe de trop grand « dévergondage ». Pourtant en boites de nuit, on en voit des filles crapoter ! En fait, en soirée arrosée, c’est maintenant toléré, mais en journée, le paquet de cigarettes reste l’apanage des hommes. Peu importe, Xiao Pan ne fume pas pour se faire remarquer en discothèque, mais parce que, comme beaucoup d’entre nous, c’est une mauvaise habitude (mais si bonne en même temps… )

 

Un soir après le travail, fatiguée d’avoir couru vérifier la propreté des dizaines et dizaines de toilettes du hall des expositions, Xiao Pan s’est assise sur un banc pour fumer la cigarette de la délivrance… enfin la journée était finie et le travail s’était déroulé sans encombre. Malheureusement, son supérieur, sous prétexte qu’elle fumait en dehors des heures de travail, lui donna un avertissement. Xiao Pan, excédée par les abus de ses supérieurs qui ne souhaitaient rien d’autres que des moutons qui leur broutent dans la main, par le comportement de ses autres collègues qui léchaient copieusement le derrière des supérieurs, et consciente que sa propension à être trop différente de la « norme » était la cause principale de ce blâme, donna sa démission sur le champ.

Voila comment est Xiao Pan.

 

Elle refuse de ce faire enfermer dans ce schéma qui bride (sans mauvais jeu de mot…) le développement personnel des Chinois. Elle refuse également de se marier avec un fils à papa de Nanning qui a tout obtenu trop facilement et trop vite (la maison, la voiture) comme beaucoup ici se complaisent à faire, et de vivre de l’argent de son mari. C’est pour ça qu’elle s’entend si bien avec Xiao Han, lui, il a l’expérience de la vie, il s’est toujours pris en main, il a quitté la province du Sichuan pour monter sa propre affaire à Nanning. Ca n’a pas marché, tant pis, il a recommencé. Xiao Pan me dit que si Xiao Han n’était pas là, elle n’aurait vraiment pas de raison de se forcer à vivre dans une société comme celle-la, et à en supporter les pressions sociales et professionnelles.

 

Les plus malheureux en Chine sont les Chinois, comme Xiao Pan, qui ont compris la perversité du système, comment la reconnaissance sociale ne s’acquiert pas  grâce à ses compétences mais grâce à son réseau de relations, comment les plus faibles n’ont pas d’autres choix que de suivre le comportement de la masse s’ils veulent mener une vie « normale » avec des chances d’intégration sociale et d’amélioration matérielle de leur quotidien, comment beaucoup sont prêts à tout sacrifier (y compris leurs valeurs)  pour pouvoir acheter les dernières trouvailles de la société de consommation qu’on leur met sous le nez… et comment, si l’on voulait changer tout ça, on se ferait « piétiner par la masse ».

 

Mais je promets, j’essaierai d’être un peu plus positive dans le prochain billet!

 
11 novembre

Calculez voter Q.C (Quotient Chinois)

 

Savez-vous vous comporter comme un vrai Chinois (du Guangxi)?

Si vous êtes joueur et que, comme moi, vous aimez les tests, alors préparez un papier et un crayon.

 

 

1) Vos amis chinois arrivent à deux sur une moto, le film que vous devez aller voir va bientôt commencer mais le cinéma est à l’autre bout de la ville.

a- Vous hélez un taxi en faisant attention de choisir une voiture récente.

b- Vous décidez de prendre le bus, c’est plus économique, et avec un peu de chance, les couloirs de bus seront moins encombrés que les routes.

c- Vous montez à 3 sur la moto.

 

2) Des femmes se baladent en pyjama dans la rue

a- C’est probablement une camera cachée.

b- Vous ne vous inquiétez pas, elles ont seulement choisi une tenue décontractée pour sortir.

c- Vous vous proposez pour les raccompagner à l’hôpital.

 

3) Vous circulez à vélo à contresens sur la piste cyclable, un agent de la circulation siffle

a- Vous vous arrêtez immédiatement pour lui présenter des excuses, ici, au royaume du velo, on ne plaisante pas avec le code de la route.

b- Vous vous retournez pour voir qui a commis une infraction ; c’est un piéton qui a traversé avant que le petit bonhomme ne soit vert.

c- Vous tentez de vous faire passer pour un Anglais auprès de l’agent.

 

4) Deux jeunes hommes marchent dans la rue main dans la main

a- Ce sont des amis

b- Ce sont… plus que des amis

c- C’est leur gage pour avoir perdu au jeu de cartes contre leurs copains

 

5) Au restaurant, vos amis chinois vous donnent la tête du poisson à manger.

a- C’est un grand honneur.

b- Certainement une blague, les Chinois sont très joueurs.

c- Ils n’ont pas trouvé d’autre moyen pour vous faire comprendre que vous aviez des yeux de merlan frit.

 

6) Une arrête s’est glissée dans votre bouche :

a- Vous la cracher sur le bord de la table ou par terre

b- D’un geste raffiné, vous la retirer délicatement du bout des doigts

c- Ne sachant comment régler cette situation, vous décidez finalement de l’avaler.

 

7) A la fin du repas, une assiette de fruits frais coupés en tranches est posée au milieu de la table

a- Les fruits sont réservés aux enfants, vous n’en prenez pas.

b- Vous vous servez avec les doigts puisque les fruits sont déjà coupés en tranches.

c- Vous vous servez d’un cure-dent pour attraper les tranches de fruits.

 

8) Vous offrez un chiot à votre amie chinoise qui vit à Nanning.

a- Elle risque de prendre peur.

b- Folle de joie, elle va l'habiller et l'emmener partout avec elle dans son sac. 

c- Elle va le manger.

 

9) Pour être sur de faire plaisir à vos amis chinois (du Guangxi) qui adorent grignoter, vous leur offrez (attention il y a un piège) :

a- des petits beurres, des bonbons au réglisse et un morceau de fromage.

b- un étui de calamar séché, des morceaux de bœuf séché-pimenté et des fruits.

c- une pendule et 4 fleurs.

 

10) Votre ami chinois vous demande de l’aider à lui trouver une jeune fille pour un rendez-vous galant. Pas de problème, vous savez exactement quel genre de filles aiment les Chinois :

a- Une jeune fille pale aux yeux ronds et squelettique.

b- Une jeune fille avec un bon 95C.

c- Une jeune fille au posterieur bien rebondi, les yeux en amande et la peau mate.

 

Réponses (n'oubliez pas de soustraire les points négatifs)

1)   a=0, b= -5, c= 5

2)   a=0, b=  5, c=-5

3)   a=0, b=  5, c=-5

4)   a=5, b= -5, c= 0

5)   a=5, b=  0, c=-5

6)   a=5, b= -5, c= 0

7)   a=0, b= -5, c= 5

8)   a=0, b= 5, c= -5

9)   a=0, b= 5, c= -5

10) a=5, b= 0, c= -5

 

Votre Q.C est compris entre 35 et 50

 

Félicitations ! Quel talent, votre « capital chine » est superbement bien développé (slurp, slurp), vous êtes prédisposé pour vivre en Chine.  Vous vivez déjà en Chine, n'est-ce pas? ou bien vous y avez déjà vécu? Vous êtes chinois?! 

 

Votre Q.C est compris entre 30 et 15

 

Pas mal. Vous connaissez déjà les bases des coutumes et habitudes des Chinois du Guangxi, mais certaines risquent encore de vous étonner. Je vous invite à consulter régulierement mon blog pour en apprendre d’avantage!

 

Votre Q.C est compris entre 10 et -50

 

Nous vous proposons des séjours en camps de ré-éducation, durée des sessions 6 mois à 30 ans, pour plus d’informations veuillez consulter notre brochure gratuite en vente dans tous les points de vente agréés et non-agréés.

A noter, pour ceux qui ont obtenu un Q.C de + de 50, nous proposons également des stages intensifs de calcul aux boulets...euh... au boulier.

8 novembre

Basse-cour

 

Des poulets postés aux grands carrefours qui ne créent de bouchons plus qu’ils n’en dispersent.

Des mères-poules qui gavent leur poussins de Mac Do et cèdent à tous les caprices de ces empereurs.

Des pies qui font des potins de l’immeuble leur meilleure matière à jacasser et à cancaner (surtout derrière le dos).

De jeunes pingouins qui profitent des faiblesses de la société en mutation pour s’enrichir de leur commerce illégal.

Des dindes sophistiquées à cervelle d’oiseau qui excellent en léchage de bottes pour grimper les échelons de l’organigramme.

De vieux dindons bureaucrates qui vivent des cadeaux et des services de leurs sous-fifres.

Des pigeons voyageurs qui croient tout connaître de la Chine et des Chinois (ça, jamais !...)

Des canards bien trop laqués qui passent leurs nuits en discothèque à dilapider l’argent durement gagné par papa-maman.

De vieux coqs à la crête défraîchie qui affichent fièrement leur dernière maîtresse de 20 ans.

Des politiques trop faisandés qui s’occupent plus du taux de croissance à piailler au monde entier que de l’écart de développement qui se creuse entre régions et populations chinoises.

 

 

Avec la grippe aviaire, si l’on doit se débarrasser de toute la volaille de Chine, on n’a pas fini ! Une blague bien sûr (même s’il y a une part de vrai…)

On a beau aimer un pays, une région, une population, il faut être objectif et réaliste,  il y aura toujours quelques couacs…

28 octobre

Tu parles sinois?

 

Une campagne de sensibilisation pour une bonne prononciation du mandarin dans tous le pays est apparue sur les écrans chinois il y a quelques mois. Elle mettait en scène un couple de jeunes qui terminaient leur dîner au restaurant : Le jeune homme demande à sa petite amie  « Tu veux autre chose ? », et la jeune fille répond dans un mandarin très approximatif « Oui, je voudrais un paquet de serviettes en papier », du moins elle essaie de dire ça, mais comme son accent est trop marqué, on comprend qu’elle veux aller aux toilettes, pour la grosse commission exprimée de façon très poétique, je vous passe les détails…  (sauf pour les passionnés : Elle dit « wo yao yi pao shi », au lieu de « wo yao yi bao zhi »). Un spot très drôle à mon goût et certainement très encourageant à travailler la justesse de son mandarin afin d’éviter de passer pour un idiot.

 

Alors pour ceux qui ne savent pas parler mandarin, cet exemple n’est peut-être pas très parlant et cela peut paraître sans doute incroyable qu’il y ait des gens qui ne savent pas parler correctement la langue officielle de leur pays. En fait, ça concerne surtout la partie sud de la Chine.  A Nanning, par exemple, on est en plein dans le problème. Le mandarin est influencé par la langue de la minorité ethnique Zhuang (60% de la population de Nanning est Zhuang), par les langues des quelques autres minorités du Guangxi, par le dialecte du cantonnais parlé par la plupart des natifs de Nanning, par les dialectes parlés dans les différentes villes de la région, par le pourcentage non négligeable de Chinois venus des provinces voisines avec leur accent pour seul bagage… Bref, un beau méli-mélo de dialectes, sous-dialectes, bla-bla... alors ce n’est finalement pas étonnant que le « putong hua » de Nanning (mandarin) ne soit vraiment pas une référence en matière de prononciation : les « ch » deviennent « sss », les P et B sont joyeusement mélangés, de même que les N et  les L, les H et les F … et les « rrr » du mandarin de Pékin sont tronqués, ce qui n’est pas une mauvaise chose en soit puisque je trouve cet accent, prononcé à la limite entre le R américain et le grognement du chien, absolument monstrueux.

 

Bien, comme tout ça ne parle toujours pas aux personnes qui ne sont pas vraiment familières au mandarin, voici ce que donnerait, en français, une conversation entre deux copines, l’une de Pékin (en rouge), l’autre de Nanning (en vert) :

 

-         Tu veux du sssocolat à la loisette ?

-         Non ça vaaaarrrrr

-         T’as beur de plus rentrer dans ton dzean aaaaaaaa ?

-         Non c’est pas çaaaaaaaarrrrrr… bon d’accord, j’en veux bien un peuuurrrr.

-         Tiens, yuste un ti’ti peu. Z’ai lu dans le zournal que les loisettes rendaient la peau yolie, et laturellement blansse.

-         Ah bon ? alors donne m’en encore un peuuurrr !

-         Tu te trouves trop pronzée ?

-         J’ai les marques de mon t-shiiiiirrrrrt

-         C’est pas grave ça aaaaaaaaa. Nous, dans le Guangxi, on a souvent la marque des sssaussettes et de la yupe.

-         Oui mais vous êtes des paysanrrrrrr

-         On est sinois comme vous ! A Nanning on ouvre aussi le barapluie quand il fait soneil, on assète le yel dousse qui fait blanssir, on prend des bilules bour maigrir, on sort en poîte en ssort’ en dzean et tanons aiguinnes, on ssante les ssansons à la mode… On est pas des fandicapés !

-         D’accorrrrrrd, pardonrrrr, j’aurais pas du dire çaaaarrrrrrr. C’est vrai que le Guangxi est une très belle régionrrrrr, et que les gens sont chaleureux là-barrrrrrrrr.

-         Ben oui aaaaaaaa, on est sssaleureux sssez nous. »

 

 

Pour ma part, même si la prononciation du mandarin à Nanning n’est absolument pas correcte, je trouve l’accent des gens ici beaucoup plus joli qu’à Pékin et surtout beaucoup moins agressif. Je comprends qu’il soit nécessaire au Gouvernement d’encourager la population à parler correctement, mais tant que tout le monde se comprend (en mandarin je précise), pourquoi enlever les tonalites régionales qui donnent un si beau charme à la langue? De toutes façons, bon courage Mr HU Jintao pour formater vos 1 milliards 3 de petits soldats sur le mandarin de la capitale. Moi en tous cas, je ne vous faciliterai pas la tache, ze suis déyà sous le sssarme des sssinois du sud de la sssine !

21 octobre

Liu Xiang, le roi volant

 

Ma soirée télé de hier soir, les « Jeux chinois » sur CCTV 5, en direct du Jiangsu

.

Jeudi 20 octobre, 21h30, les caméras sont braquées sur Liu Xiang qui vient de faire son entrée dans le stade. Les spectateurs aussi l’ont vu, d’un coup, ils se lèvent et pointent du doigt en direction de leur champion olympique. Ce soir a lieu la finale du 110m haies des Olympiades chinoises dans la province du Jiangsu, la finale que tout le monde attend depuis le début de la compétition d’athlétisme.

 

Les caméras ne se lassent pas de filmer le champion en préparation, des dizaines de milliers de paires d’yeux sont aussi rivées sur lui depuis les gradins et des acclamations s’élèvent au moindre mouvement du roi de la soirée. On entend des « Liu xiang !!! » fuser de partout, des sons plutôt féminins d’ailleurs, limites hystériques. Liu Xiang, toujours en jogging, improvise un petit départ pour mieux s’échauffer, erreur de la foule qui croit au vrai départ ou bien geste divin, les clameurs exaltées retentissent plus fort et encore plus fort « Liu Xiang ! Liu Xiang ! ». Le public se met en transe alors qu’il voit s’animer sous leurs yeux le sportif des canettes de coca-cola. Liu Xiang revient au petit pas de course, et c’est à ce moment qu’il décide de baisser son pantalon de jogging pour coller son numéro de couloir sur petit son beau short vert. Les filles reprennent de plus bel « Liu Xiang !!! » et toute la foule fait écho « Liu Xiang, Liu Xiang ! ». Visiblement gêné, le sportif esquisse un sourire, résigné à toute cette agitation autour de lui, puis se remet tout à sa concentration…pour trouver un endroit discret où changer son maillot sans se faire siffler comme un Chippendale...

Deuxième essai de départ dans le processus d’échauffement de Liu Xiang, la foule, toujours en délire, ovationne l’athlète qui finit par changer son maillot limite à 4 pattes derrière son plot… mais les spectateurs et les caméras ne sont pas dupes ! Gros plan à nouveau pendant que les adolescentes braillent des « Liu Xiang !!! » qui prennent de plus en plus des résonances de « Patriiiiick ».

 

Enfin les speakers annoncent la présentation des athlètes. Comment ça DES athlètes ? Parce qu’il y a d’autres coureurs que Liu Xiang ??? Et oui, on ne les avait pas encore vu mais il y a bien 7 autres sportifs dans les couloirs voisins qui participent à la course. Ah bon ? Mais seulement pour décorer alors ? Inutile de préciser que quand arrive le tour de la présentation de L… on n’entend pas son nom tellement le public est excité. Alors pour ceux qui n’auraient pas encore compris, c’est lui le favori…

L’ensemble des coureurs est appelé à se mettre en place et la foule… à respecter le silence. Quelques instants de calme en effet, jusqu'à ce que Liu Xiang se retrouve dans les starting block. Le coup de pistolet retenti, et c’est reparti, la foule se déchaîne à nouveau, et cette fois pour de bon. Liu Xiang, porté par les clameurs du public (et par son physique aussi, parce que mine de rien, il est balèze), prend rapidement la tête de la course, creuse l’écart avec les autres athlètes à mesure qu’il franchit les haies, et… rien de plus à ajouter, aucun suspense, il s’impose haut la main en 13¨10. La foule explose, les journalistes se ruent sur le champion pour attraper l’instant de la victoire, les juges se lancent à leur tour dans la mêlée pour désincruster Liu Xiang de ces saletés de journalistes, quelques secondes de coude à coude avec les médias, et l’athlète arrive dans le carré VIP d’interview de CCTV 5. La journaliste entre dans le vif du sujet très vite : « Alors Liu Xiang, la course de ce soir, c’était une compétition ou bien un spectacle pour vous ? » (  question très pertinente pour une journaliste chinoise). Liu Xiang se défend : « Mais non, bien sur c’était une compétition […] et j’avais beaucoup de pression ».

Effectivement, s’il s’était pris les pieds dans une haie, j’ose imaginer la réaction du public qui n’était venu que pour une seule chose, voir Liu Xiang gagner. Finalement, la pression, ce n’était pas les autres concurrents (dans les choux…), mais bien les spectateurs en soif d’ambiance olympique et qu’il ne fallait pas décevoir.

 

Moi je dis bravo, même si la course est finalement, complètement inintéressante car gagnée d’avance, Liu Xiang sait rassembler les foules et faire vibrer tout un pays derrière son écran télé. Depuis son titre aux J.O, il est devenu le héros de toute une nation, un modèle pour les sportifs, un sex-symbol pour les jeunes filles et le symbole de coca-cola. Et puis aussi, évènement moindre mais quand même de taille pour sa carrière: son traitement pour l'acné a marché... 

 

 

18 octobre

Nanning expose ou se cache?

 

« Du 18 au 22 octobre, pendant la durée de l’ASEAN-Expo, il est interdit aux locataires de monter sur le toit de l’immeuble, d’ouvrir les fenêtres donnant sur Minzu Avenue, et de se tenir derrière les vitres pour regarder les voitures officielles passer », le ton est donné…

Demain s’ouvre la deuxième édition de la foire internationale de Nanning dont le but est de développer les relations commerciales entre la Chine et les pays de l’ASEAN (et de pourrir la vie des citoyens de Nanning…), autant dire l’événement de l’année, l’occasion pour Nanning de rivaliser avec les Pékin, Shanghai, Canton qui se gardent toutes les manifestations internationales. Enfin… Nanning est dans le coup ! Alors, pendant ces 4 jours d’effervescence censés attirer des investisseurs du monde entier, il faut donner une image impeccable de la ville. Attention, grand nettoyage !

 

Les parterres sont fleuris et aménagés comme jamais, les slogans sur banderoles rouges souhaitent bonne réussite à l’expo, les agents de police ont revêtu leurs plus beaux costumes… Le décor parfait est planté, la Minzu Avenue, vitrine de Nanning et passage obligé entre l’aéroport et le Halles des Expositions, est placée sous haute surveillance pour éviter que quiconque ne vienne rompre le charme. Demain pour l’inauguration, la circulation sera arrêtée pour laisser voie libre aux convois de police accompagnant le gratin du gouvernement de la région du Guangxi, et même certainement quelques représentants de Pékin qui auront eu la chance de se faire payer un voyage en pays Zhuang pour couper un ruban. Même les piétons auront interdictions de se balader sur l’avenue à certaines heures. En fait, c’est simple, pour réduire complètement l’animation habituelle de Minzu Avenue, le gouvernement du Guangxi a décidé de donner un jour de congé à toutes les personnes travaillant dans les bureaux des immenses tours de l’avenue en leur faisant bien comprendre que ça serait mieux pour Nanning si elles pouvaient rester cachées chez elles afin d’éviter d’encombrer les rues de la ville, de toutes façons déjà en grande partie barrées par les policiers.

Forcées et sans indemnités, par contre, les 4 jours de « vacances » pour une grande partie de la population qui vit de petits boulots dans la rue : les étalages de légumes sur le trottoir, les cireuses de chaussures, les taxi-vélo, etc, ont été jugés trop embarrassants dans le contexte de l’ASEAN-Expo, il faudrait quand même pas que le Monde croit qu’il reste encore des gens en situation précaire à Nanning…

 

« Chine-ASEAN, une relation gagnant-gagnant », comme c’est écrit sur la banderole, personnellement, je n’en suis pas convaincue.

11 octobre

Nom d'une poire!

 

Ces derniers jours, je cogite beaucoup sur les noms de famille chinois. Il faut dire que je viens de réaliser que certains Chinois ont vraiment des patronymes amusants. Il parait pourtant que ces noms, formés d’une syllabe la plupart du temps, ne veulent rien dire, et que les Chinois ne s’en divertissent pas. Mais, Monsieur Zhong, c’est bien Monsieur Cloche en français ?! Ca se prononce pareil, ça s’écrit pareil, pourquoi est-ce que l’on devrait faire comme si Zhong était un son et pas un mot ? L’intéressé traduit d’ailleurs lui-même « Mister Bell » en anglais, c’est qu’il a bien du faire le rapprochement entre son nom de famille et la cloche.

 

Voila donc soudain que les noms chinois m’apparaissent sous un nouveau jour. Il m’en aura fallu du temps, je sais, mais quand on est habitué à entendre des noms depuis que l’on sait parler, et bien on ne fait pas forcément attention à leur connotation voire signification. (Tout comme il m’aura fallu 20 ans pour réaliser que les « Crétins », qui étaient des cousins éloignés dont j’avais entendu parler depuis toute petite, ne partaient pas avec un avantage dans la vie…  ) Bref, revenons plutôt aux noms chinois dont je vous cite ici mes préférés : Monsieur Grand, Monsieur Excellent, Monsieur Joyeux… ça me rappelle les livres pour enfants, vous connaissez les « Monsieur Pressé », « Monsieur Maladroit » ? hihihi…

Et puis on a les noms « gourmands », Monsieur Soupe, Monsieur Riz, Monsieur Poire, Monsieur Assiette… Les « colorés », Monsieur Blanc, Monsieur Jaune, Monsieur Vermillon… Les « natures », pas si loin de ce qui se fait en France d’ailleurs, Monsieur paysage, Monsieur Rivière, Monsieur Feuille, Monsieur Pierre, Monsieur Saison, Monsieur Forêt, Monsieur Soleil (ou Madame ???), … Les « prétentieux », Monsieur Roi, Monsieur Or, Monsieur Dragon, Monsieur Argent…

Un nom qui m’amuse beaucoup aussi, je suis désolée, je vais me faire censurée, mais c’est quand même Monsieur Poil…et le plus connu de ces Monsieur Poil n’est autre que Mao Zedong…. Ouh, le nom ridicule  !!! La question (idiote) est la suivante: est-ce que le Grand Timonier était poilu ? Je ne pense pas trop m’avancer, même ne l’ayant pas intimement connu, en déclarant que Mao était plutôt un imberbe de Chinois, mais qu’il était, sans doute, un Poil inconscient. Passons.

 

Ce qui est intéressant, ou perturbant plutôt, c’est que les Chinois, aussi nombreux qu’ils soient, se soient contentés que de quelques milliers de noms familles, et surtout de 200 à 300 noms de famille extrêmement répandus. Je n’ose compter combien je connais de Monsieur, Madame ou Mademoiselle Jaune à Nanning, c’est impressionnant, il n’y a que ça ! Le pire, c’est qu’une habitude chinoise veut que l’on mette le prénom de côté et que  l’on se surnomme « Petit + Nom de famille ». Imaginez ma panique quand le téléphone sonne et que l’on me dit « Allô, c’est Petit Jaune… ». Bref, toutes proportions gardées, et pour vous donner une d’idée, c’est comme si 90% des 62 millions de Français se partageaient une douzaine de noms de famille ! Ca en ferait des Dupont…

 

Il y a quand même quelques avantages à ce manque de diversité des patronymes chinois, par exemple, une charmante demoiselle saute au cou d’un jeune homme dans la rue : « coucou, tu te rappelles de moi l’autre soir en discothèque ? », le jeune homme, déconcerté et manifestement, incapable de remettre la jeune fille, tente au hasard « Xiao…Li ? » (Petite… Poire ?) « Oui c’est ça, tu te rappelles, tu ne m’as pas oubliée, comme je suis contente !!!». Quand 8% de la population s’appelle Li, forcément on peut toujours tenter le coup…

6 octobre

Que dire...

 

Pour bien comprendre une culture étrangère, il est important de pouvoir discuter dans cette langue afin de ne manquer aucune nuance à la conversation. Discuter avec les Chinois est donc pour moi un enrichissement quotidien, sauf que des fois, je n’échappe pas au dialogue-type du Chinois curieux (ça se comprend dans un pays l’information circule aussi bien) et… avouons-le… lourd… parce qu’il existe des lourds partout …

 

«   On dirait que tu n’es pas de notre Chine, tu es américaine n’est-ce pas ?

-         Non, je suis française.

-      Oh comme tu parles bien chinois ! (beaucoup de Chinois pensent que leur langue est trop difficile pour que les étrangers puissent la parler… ils s’extasient donc pour deux mots en mandarin… Et ne manquent pas de féliciter les étrangers pour un « bonjour » ou un « merci » en chinois, ça en est ridicule parfois…)

-          Mais non, mais non, je parle mal  (modestie chinoise…)

-         Aaaaaah, la France, Paris… les Français sont tellement romantiques… le parfum, le vin, Napoléon…. Oh je suis content de rencontrer une Française. Je m’appelle “Petit Dragon”. (bon la, c’est pour simplifier, le nom…)  What…bu dui… why…you China? (tentative d’exercer son anglais…)

-         Je ne parle pas anglais. (disons que je n'aime pas parler anglais avec les Chinois...)

-         Hein? Mais alors, en France… vous parlez quelle langue?

-         Français…

-         Ah oui? Ca se parle le français?… Et alors, tu es en Chine pour étudier le chinois?

-         Non, je travaille.

-         Aaaaah, tu es professeur d’anglais (toujours pas compris…bref passons).  J’aime beaucoup la musique française aussi, c’est tres romantique (et il commence à chantonner l’air de… ) « Hélène, je m’appelle Hélène … » (cette chanson est un véritable tube ici… j’aimerais savoir pourquoi !).    Oh vraiment, je suis content de pouvoir discuter avec un ami étranger, ce n’est pas souvent que ça arrive. Ca fait combien de temps que tu vis dans notre Chine?

-         4 ans.

-         Et tu es habituée à la nourriture chinoise? Parce qu’ici on ne mange pas de steak comme chez vous.  Et même le riz, tu en manges?

-         Mais en France aussi on mange du riz!

-         Ah oui? Et alors dis-moi, j’ai une question à te poser: quelle est la différence entre la France et la Chine? (c’est une blague la ?! c’est possible de poser des questions un peu plus precises ???)  Et dans quelles villes chinoises es-tu déjà allée?

-         Suzhou, Luoyang, Pek…

-         Et  tu es déjà allée à “Ping-Pong les bambous”? (encore une fois, je simplifie. Logiquement, le Chinois fait référence à  sa ville natale)

-         Non, je n’y suis jamais allée.

-         C’est un endroit magnifique, j’aimerais t’y emmener quand tu auras le temps. Aaaaaaah, j’etais content de discuter avec toi, ah… la France…Napoleon, De Gaulle, Zidane…  je te laisse mon numéro de portable maintenant que nous sommes amis. J’espère qu’on aura d’autres occasions de bavarder ensemble, c’est si intéressant." (ben oui mais pour moi ça devient pénible à la longue d’entendre toujours les mêmes questions…)

 

 

Voilà, et pour qu’il n’y ait pas de jaloux et que l’on ne m’accuse pas de critiquer les Chinois, passons au tour des Français, qui ne sont pas non plus très fut’fut’ lorsqu’il s’agit de s’ouvrir aux frontières asiatiques… Voila à quoi j’ai droit quand je rentre en France, un petit cocktail des conversations les plus pitoyables, cherchez l’erreur !

 

«  Alors ça se passe bien chez les… t’es où déjà ? chez les Chinois, c’est ça ? T’en as pas trop marre de manger des nem ? Remarque, moi j’suis allé au restau chinois le mois dernier, bah c’est bon hein, j’pourrais manger des sushi tous les jours, un p’tit coup de saké par-dessus ça, hop!

Mais comment tu fais pour communiquer avec eux ? moi, je sais dire que ping-pong (lime à ong’)… ah ah ah, oh oui on comprend vraiment rien de ce qu’ils disent, c’est du p’tit chinois ! ah ah ah ! De toutes façons, moi si je vais là-bas, j’irai avec mon copain N’gyuyen,, il pourra me servir d’interprète 

Enfin, ça m’attire pas trop ce pays, ils sont beaucoup trop les Chinois, pis  ils se ressemblent tous, si j’y allais, ça serait juste pour les massages thaïlandais.

De toutes façons, on a des clients chinois à la boite, ça me suffit de les voir une fois tous les 6 mois. Ils nous ont invité à aller les voir à Tokyo, mais moi j’veux pas y’aller. C’est des coups à ce qu’ils nous donnent du chien à manger là-bas ! Hein ? t’en as déjà mangé ?!!! et tu l’avais vu le chien avant qu’ils le tuent ?

Non vraiment, ces Chinois, ‘sont pas civilisés… »

 

30 septembre

Une porte se ferme

Autre appréhension des étrangers se préparant à voyager en Chine, ce sont les toilettes publiques… (à moins de n’avoir jamais entendu parler de ces temples du partage et des fragrances…)

 

J’avais commencé une collection de photos de toilettes chinoises en 2000 à Pékin, une série de clichés très intéressants pris au détour des quartiers de hutong. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est où l’on trouve le « must » de ce qui se fait en matière de toilettes publiques : pas de porte, un trou dans le sol pour s’accroupir et d’où l’on a une vue imprenable sur la fosse en dessous, bref, passons les détails de ces petits coins de paradis, aux senteurs… « pot-pourri », vous imaginez.

 

Une idée pas vraiment intelligente, je vous l’accorde, que de photographier les latrines chinoises, mais c’était pour moi une partie de la culture chinoise qui était en plus amener à disparaître à mesure que l’on détruisait ces quartiers typiques de maisons basses pour y ériger des gratte-ciel.

 

Je n’ai pas continué ma collection en arrivant à Nanning, peut-être ai-je senti les toilettes d’ici moins menacées que dans la capitale où la préparation des J-O avait également déclenché une rénovation générale des WC publics. Erreur, à Nanning aussi l’accent fut rapidement mis sur l’entretien des toilettes publiques, et sur la pose de portes. Il faut dire que la capitale du Guangxi accueille maintenant son lot d’étrangers tous les ans pour la foire internationale ASEAN-Expo, et à cette occasion, le développement économique de la ville s’affiche jusque dans les toilettes !

On garde quand même encore quelques spécimen de WC bien à la chinoise (avec une rigole au milieu d’un mètre de profondeur où il ne vaut mieux pas laisser tomber son portable) dans certains restaurants, dans les aires de repos d’autoroutes, dans les parcs, dans les vieux quartiers, mais la tendance est tout de même au cloisonnement des toilettes, une bonne nouvelle pour les étrangers !

 

Ce qui est drôle dans tout ça, c’est que malgré cette évolution,  on voit encore beaucoup de Chinois, du côté des filles en tous cas, s’accroupir et laisser la porte grand ouverte, continuer à discuter avec la copine qui attend debout à côté, d’autres qui ne peuvent pas s’empêcher d’entrer à 2 ou 3 dans le même toilette… bref, même si les mentalités ont parfois encore un peu de mal à suivre, le réel progrès c’est que l’on accorde enfin un semblant d’intimité aux Chinois, même s’ils n’ont pas forcément envie de le prendre…

Merci, moi je le prends, je ferme ma porte et celles des voisines au passage, elles sortent le nez de leur journal « quoi, qu’est ce qu’elle a la laowai ? », mais ça sert à quoi une porte nom de …???!!!