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4 janvier Amour, Nouilles et trahison« J’ai deux amouuuuuuuuuuuurs, les nouilles et Nanniiiiiiiiiiiiing... »
Mais pas n’importe quelles nouilles ! Les nouilles du Guangxi ne sont pas fabriquées à partir de farine comme les nouilles du Nord de la Chine, mais à base de riz. Tous les matins, les usines de nouilles livrent à chaque petit « boui-boui » du Guangxi des caisses entières de nouilles pré-cuites, que les cuistots n’auront plus qu’à repasser dans l’eau bouillante quelques secondes et à accomoder à leur sauce. Les recettes les plus connues de la région sont les nouilles de Guilin (guilin mifen), les nouilles aux bigornots de rivière de Liuzhou (luo si fen), les « laoyou fen » de Nanning, et bien sûr les classiques : nouilles sautées (chao fen) et soupes de nouilles (tang fen), que l’on peut déguster à n’importe quel endroit de Nanning, et bien souvent à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit !
Où déguster ces nouilles ? Et bien c’est simple, les boui-boui à nouilles se reconnaissent facilement à leur mine, qui paie pas de mine...
Quelles nouilles choisir ? Ah oui, bonne question... et bien le plus sage serait d’appliquer la méthode « un jour, un bol de nouille » afin d’essayer un plus grand nombre de sortes possible, de toutes facons à 3 yuan le bol (0,3 euro, ne sortez pas la calculatrice), vous n’allez pas vous ruiner. Mon conseil quand même, les nouilles de Guilin sont incontournables et plaisent généralement immédiatement aux étrangers. Personnellement, je préfère les célebres nouilles de Liuzhou dans leur bouillon aux escargots de rivière... je n’ai pas adhéré tout de suite, mais maintenant j’en suis complètement accroc... Méfiez-vous tout de même, c’est très pimenté, d’où l’importance d’aller toujours au même « boui-boui » où ils vous connaissent « pas trop rouge la sauce pour l’étrangère »... Quant aux nouilles de Nanning (aaaaah mon beau Nanning), là est mon grand dilemne, elles qui s’appellent pourtant « vieux amis » (traduit litteralement, lao you fen), je n’ai jamais réussi à faire naître une grande histoire d’amitié entre elles et moi, et je reste définitivement pro-Liuzhou pour les nouilles. Mais c’est les pousses de bambou acides aussi ! J’ai lu récemment que même les Chinois du nord ne faisaient pas toujours copains-copains avec les « nouilles vieux amis », apparemment il faut être né dedans pour apprécier cette saveur très spéciale.
Combien en manger ? En principe, la portion de base est « 2 liang », la mesure chinoise, soit 100 grammes de nouilles, mais si vous avez très faim vous pouvez demander 3 liang (donc 150 grammes hein) et rajouter 0,5 yuan, j’ai même un ami chinois qui est capable de manger 9 liang !
Quelle garniture choisir ? A côté du comptoir où vous récupérez le bol de nouilles que vous avez commandé, il y a toujours une petite table où vous trouvez piment, ail pilé, morceaux de légumes acides (les gens en raffolent ici), et ciboulette pour rajouter à votre goût sur les nouilles. Doucement sur l’ail si vous avez un rendez-vous galant après ou bien une séance de karaoké hein (voir billet du 28 novembre). Il y a également souvent à côté une grande marmite de bouillon si vous préférez les nouilles « aquatiques » parce que toutes les sortes de nouilles ne sont pas forcément servies d’avance dans la soupe.
Où s’installer ? Les boui-boui disposent 3-4 tables à l’intérieur pour les clients, quelques tables dehors également en dehors des périodes « je mets des amendes pour n’importe quel motif » de la police... Les échoppes à nouilles ne sont pas des endroits pour rester des heures à table, on aspire ses nouilles et on laisse la place. Par contre, on peut emporter si l’on veut manger tranquillement chez soi. On commande ce que l’on veut et on repart avec son sac en plastique, en double épaisseur quand même, pour éviter que le sac ne se transperce et avoir l’air... ben oui, nouille. 15 décembre La dame aux… camélias ?L’énigme est enfin résolue, ce matin, le soleil d’hiver a tout éclairé.
L’histoire commence hier midi après mes nouilles sautées quand, poussée par un manque de sucre chronique ou peut-être tout simplement par mes besoins naturels féminins de « compenser », je décide de faire un tour à l’épicerie d’en bas de chez moi avec l’espoir utopique de trouver ce dont j’avais réellement envie : un paquet de Pim’s à la framboise…
S’ensuit une conversation de quelques secondes qui me confirme que cette femme ne me confond pas avec quelqu’un d’autre, que l’on s’est déjà rencontré et même très souvent à en juger ses propos, qu'elle me connaît bien, ainsi que mes habitudes, mais qui est-elle pour être aussi bien informée?
J’ai donc passé l’après-midi à me tordre l’esprit dans tous les sens, me demandant où, quand, comment, par qui je connaissais cette personne qui était maintenant devenue vendeuse à l’épicerie d’en bas et que je ne manquerai donc pas de rencontrer à la prochaine alerte sucrerie.
Et puis la journée s’est passée, la nuit est venue avec tous ses jolis rêves ... 31 octobre Devant les bacs à poissonsHier, comme les températures sont passées en "négatif" (sous la barre des 20 degrés…), je me suis dit qu’il était temps de ressortir la marmite à huo guo, et de se faire une bonne fondue chinoise. Me voila donc partie au marché pour acheter des champignons, des tiges et des feuilles (le miracle des légumes verts chinois…), des épices, et un poisson.
17h45, le marché est bondé, les Chinois s’empressent autour des étalages de légumes, de toufu et de nouilles dressés à l’entrée. Certains s’en vont déjà, une poule à la main ou bien un canard sous le bras, préparer le dîner. De mon côté je me dirige d’un pas hésitant vers les bacs à poissons, je sais déjà quel supplice m’attend. Alors que les poissonneries françaises nous présentent des poissons déjà décapités et inertes sur la glace, en Chine, c’est au client de se transformer en bourreau en choisissant la proie qui va se faire exécuter sous ses yeux…
Toujours devant les bacs à poissons… frustrée par l’envie de chair blanche dans mon assiette et le dégoût d’élire un condamné… « pia, pia ! ». L’eau vole et m’éclabousse, les bacs de tous les stands de poissons autour de moi semblent s’agiter de plus en plus, les poissons défilent devant moi, un instant vivants, et la seconde d’après dans le sac en plastique des clients… Devrais-je me rabattre sur du poisson pané ?
Une chose est sure en tous cas, jamais je n’irai choisir un poulet ou un canard dans les cages du marché, ou alors juste une fois… pour le sauver ! Initiales BB… oui, finalement un peu. 18 août Le complexe des baguettes « De toutes façons, on va emmener une fourchette avec nous » me dit ma mère à l’autre bout du téléphone… pardon ??? C’était il y a un an, quelques jours avant que mes parents viennent en Chine me rendre visite pour la première fois. Partagés entre questions, angoisses et excitation du voyage, il se révéla que ce qu’ils redoutaient le plus était de manier les baguettes. J’en connais qui stressent rien qu’en imaginant les 1 milliard 3 de chapeaux chinois, d’autres qui craignent qu’on leur serve du chien à leur insu, et d’autres encore qui appréhendent carrément de se faire piquer par un « sévère poulet grippé à syndrome respiratoire aphteux »… Comme je suppose que mes parents ne sont pas des cas isolés, j’ai décide de donner quelques tuyaux aux personnes qui s’apprêtent à partir en Chine et qui ont, eux aussi, déjà glissé une fourchette dans leur valise…
1) 1) Tout d’abord, ayez confiance en vous, tout le monde est capable de manger avec des baguettes au bout de quelques jours. Le réflexe (et la faim !) fait que l’on s’habitue tout naturellement à tenir ces instruments du bout des doigts pour savourer les délices chinois. 2) 2) Mais comment positionner les baguettes ? bonne question. Il n’y a pas UNE bonne méthode, chacun trouve la manière avec laquelle il est le plus à l’aise et grâce a laquelle la proportion de nourriture arrivant jusqu’à la bouche est plus élevée que celle échouant sur la table et par terre… 3) 3) Eviter les baguettes en plastique lourdes et glissantes, celles en bois sont beaucoup plus faciles à manier. Au restaurant, vous pouvez demander à ce que l’on vous apporte des baguettes en bois qui ne servent qu’une seule fois (yi ci xing kuai zi). Ainsi, on ne vous soupçonnera pas d’être débutant en baguettes mais on vous pensera seulement préoccupé par l’hygiène des baguettes en plastique qui sont lavées comme le reste des couverts et redonnées au client suivant. 4) 4) Ne soyez pas trop concentrés sur vos baguettes, laissez vos petits doigts souples et agiles se débrouiller au risque de perdre la face au restaurant dans des accidents très déconcertants et pas forcément propices au développement des relations amicales franco-chinoises. J’ai vu en effet des baguettes se casser en deux sous le poids du stress, d’autres voltiger par un excès de zèle et retomber dans la marmite de soupe de la table de derrière… 5) 5) Enfin, évitez l’assiette de cacahuètes les premiers jours, c’est tentant je sais, mais ce n’est pas encore de votre niveau ! Contentez vous des gros morceaux de viande ferme et légumes pas trop cuits qui s’accrochent bien aux baguettes. Un conseil pour les débutants désespérés : vous pouvez toujours manger votre bol de riz en collant les deux baguettes côte à côte, 1 cm de largeur environ qui suffiront à faire « pelle » …
Bon, si malgré tous ces conseils vous ne constatez aucun progrès dans les 3 jours, alors je vous recommande fortement de demander une cuillère au serveur, ou bien une fourchette (logiquement disponibles dans les grandes villes) parce que ça serait quand même dommage de passer à côté d’autant de mets exquis. L’idéal est de conjuguer baguettes et fourchette au départ pour vous aider quand vous vous trouvez en grande détresse face, par exemple, à un morceau d’aubergine qui reste englué dans la sauce et que vous finissez par complètement écraser par vos « plantés de baguettes » maladroits… Bien… quelque chose me dit que plus j’explique et plus je mets la pression aux débutants… si c’est le cas, reportez-vous à mon petit 1), c’est finalement la seule chose que j’aurais dû dire… 8 août Mise en bouche« Est-ce que tu es habituée à la nourriture chinoise ? », incontournable question des Chinois… Mais oui j’y suis habituée ! Même si c’est loin de ce que j’avais pu goûter au « Palais de Jade » ou autres « Dragon de Pékin » à Nantes, la cuisine chinoise est un délice, et généralement, à part quelques surprises (tête de poulet dans la soupe…), tous les étrangers adorent.
Le riz est la base des repas et accompagne la multitude de plats de viandes, légumes, toufu (pâte à base de soja) qu’il existe en Chine. Chaque région chinoise propose ses propres spécialités culinaires, et chaque ville cuisine les spécialités régionales à sa façon. Voyez la grandeur du pays, comptez le nombre de villes, et vous aurez peut-être une idée approximative du nombre de saveurs qu’il existe en Chine !
La région du Guangxi est réputée pour ses nouilles (entendez par la « spaghetti », et non « personnes molles et niaises »
La notion chinoise de « l’appétissant » est complètement différente de la notion française où l’on accorde énormément d’importance à la présentation d’un plat, l’aspect d’ensemble. En Chine, on part du principe que « tout se mange » ! Alors il ne faut pas s’étonner de retrouver des pattes de poulet sur les étalages des barbecues nocturnes des rues animées de Nanning
(PS : Ne vous inquiétez pas, de nombreux plats chinois correspondent aussi à notre définition française du mot « appétissant », et si vraiment vous ne pouvez toujours pas, et bien, malheureux, vous pourrez toujours vous rabattre sur les MC Do et KFC qui pullulent en Chine). |
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